deux mardi d’un juin lointain

Mardi 23 juin 2009

Et ici, encore une fois, l’humain pressé se révèle plus petit que la pierre blonde, le bruit des cris des petits résonne, ils s’attrapent, jouent à s’attraper devant un mur construit de pierres blondes, que le coucher de soleil lèche avantageusement, que bientôt l’heure bleue découpe, vif, à étreindre.
IMG_20160826_094240Et ici, encore une fois, un regard s’élève, d’autres déambulent, incapables de se fixer, un regard rencontre l’arête vive de vitraux assombris, un regard sombre dans un excès de larmes sèches.
Et ici, encore une fois, on ne sait pas quoi faire de ses bras ni de ses pieds, encore une fois encombrés de ses membres, tandis que les voix s’élèvent, les mains tendent à prendre leur liberté, quitte à finir faute de mieux sous ses propres fesses.

Mardi 30 juin 2009

Si nous étions cohérents, nous devrions avoir un projet, un projet souligné par une acuité supérieure de la succession des jours et des nuits,
un projet nécessitant une organisation inflexible de la contingence,
un projet tout à fait caractérisé.
Nous devrions suivre une ligne qui fût au moins dédiée
à la dimension de notre ombre au couchant,
à la survie d’une image humaine de l’attention,
à l’hommage vertébré fait au hasard,
à notre verticalité pensante.

Un État, dans la gestion duquel s’installe durablement un grand déficit de connaissances historiques, ne peut plus être conduit stratégiquement.
Guy Debord, Commentaires sur la société du spectacle.

une lumière désenchantée filtre le tumulte

si je me presse, si je me presse, il ne restera rien :
l’artichaut pour cuire doit rester sur place
durant vingt-cinq minutes
et à chuinter la cocotte montrer son efficacité

si je me presse comme la Japonaise qui joua
Rhapsody in Blue excessivement accelerando
si je me presse, si je me presse, il ne restera rien
de mon allant, rien de mon venant

si je me presse, aucune image ne pourra induire
qu’elle est valide, et dans le temps imparti
les labours lointains ne donneront aucun foin141020141097

si je me presse, la flaque d’éternité rejouera
son sale morceau tout en dégoûts & ressauts
qu’un piano ironique lèchera sans relâche

scènes de la forêt gris Paris rosé

gris Paris rose & gris
rosé Paris grisé rose
immeuble mondial
impasse des mondes 

mur 3

gris & rose Paris gris
tibet cameroun roumanie
je puis rester ici
rose & Paris gris rosé

passant couture passant
rose & gris Paris rose
nœud des jours coulant
passant des ans revenant

mur 2

 

 

 

 

rose & Paris rosé grisé
sans lieu ni date
je puis rester ici
impasse des mondes

addendum à la fuite du temps

le rugueux des pourtours serait un emblème

(de ce qui fait défaut
(alors qui se creuse
(possessif détracté, démobilisé)

alors qui se creuse au lieu d’alunir !

comme un dos de crawleur !

pas d’accès jamais ! désormais !des pourtours

mon ton son désarmés ! fusées impossibles !

de ce qui fit défaut : une lettre et partita* !

le rugueux des pourtours sera (son) emblème

impossible ! démobilisé !

et enfin : laborieux ! désormais et à jamais !

 

MUS. Pièce écrite pour le clavier, pour un instrument accompagné ou pour un orchestre de chambre, chez les musiciens allemands et italiens des xviieet xviiies., généralement formée d’une suite de danses ou de variations. Jouer une partita. La Toccata en mi mineur de la VIePartita pour clavecin de J.-S. Bach (D’Indy, Compos. mus., t.2, 1, 1897-1900, p.58).Trois partite et trois sonates pour violon seul sont formées (…) de pièces sévères et de fugues (…) de morceaux de danse (Pirro, J.-S. Bach, 1919, p.226).

Prononc. et Orth.: [paʀtita]. Plur., d’apr. Lar. Lang. fr., des partitas ou, plur. ital., des partite. Étymol. et Hist. 1897-1900 (D’Indy, loc. cit.); id. au plur. (Id., ibid., p.87: les toccate et partite de la Clavierübung [de Bach]). Mot ital. att. comme terme de mus. dep. déb. xviies. (G. M. Trabaci d’apr. Mus.) et passé comme tel dans le vocab. internat. de la mus., signifiant propr. «partie», part. passé fém. subst. de partire (partir1*).

parfois je m’arrête de penser :: les mal dit

tource n’est pas la même chose que d’être empêchée de penser :
si je m’arrête c’est que je pourrais penser mais que non
si je suis empêchée de penser, c’est qu’un gros bouchon noir l’interdit
je préfère m’arrêter de penser mais je n’ai pas le choix

il est presque neuf heures, je pense que parfois je m’arrête de penser
et que ce n’est pas la même chose que d’être empêchée de penser
qui se produit plutôt le soir avec le gros bouchon noir
et qui s’écrit comme une tache d’encre, comme un mal dit

j’aimais beaucoup les mal dit quand j’en récoltais dans les champs
de la pensée qui s’arrête, interdite, j’en récoltais pas mal
avec les faux mouvements de la pensée qui ne se lève plus

je n’aimais pas du tout les mal dit quand j’en récoltais
dans les champs de la pensée empêchée,
avec les faux mouvements de la pensée qui fait des plis sur la joue

brefs dialogues en attendant vous

– Je ne suis pas Dostoïevski.
– En effet ; je vous attends lundi.

– La jouissance de Gide à écrire, personne n’y a accès.
– Ah, mais c’est Gide.

– Vous ne confondez pas avec Léautaud à propos de pantoufles ?
– Si, sûrement. De toutes façons je déteste les chats.IMG_20160729_221849

– J’aime pas, mais pas du tout, le mot « travail », employé aussi bien par les lacaniens que par les parturientes.
– Moi non plus.

– Un autre monde où un renard gris peut s’occuper d’une vache orange, c’est entier.
– Comme l’écriture.

– Proust aime beaucoup les comme, c’est comme ça qu’il allonge ses phrases, comment peut-on se passer des comme ?
– Je vous attends demain.