sommaire sommaire des possibles

 

Combien reste-t-il, durant quoi je ne ferai à nouveau rien ? (…) Maintenant-enfin, maintenant il va enfin se passer quelque chose, et alors est-ce qu’enfin je vais pouvoir me débarrasser de moi ? (…)
En fait, je pourrais vraiment très bien vivre sans moi,
à bien y penser.
Elfriede Jelinek, Winterreise, extraits du chapitre 3

 

un deux trois j’irai dans les bois
quatre cinq six cueillir des cerises
sept huit neuf dans mon ?

neuf…
neuf…
neuf ?

est sera neuf ?
plus rien ne
plus rien de neuf

neuf heures vite
aller dans les bois
cueillir des ?

                                                                                                             maison de tante Léonie pendant la canicule

 

 

”transformations majeures attaques massives”

 

 

 

pas faute de
pas faute de maximes
de maximisation
d’adverbes d’adjectifs d’advenir
pas faute d’y être
pas faute d’en être
pas faute d’en trouver le centre le nerf
pas faute d’entraver quoi que ce soit
à ce qui rime ce qui arrive ce qui

 

mais l’écart toujours jamais
l’écart entre ce qui est et ce qui se dit
entre ce qu’eux disent et ce que
sentent
communément
ceux qui
entre ceux qui
décrivent
et ceux qui

 

geste jamais fini
balancé le bras là-bas
balancé loin comme fuite
balancé comme
impuissance latérale
impuissance définitive
le bras ni long ni court
balancé
d’avant-garde de garde

 

 

par surprise

 

 

 

quelqu’un d’autre
puis quelqu’un d’autre
puis quelqu’un d’autre

a été
sera
fut

inégalée
l’apparition
sur une scène

cimes dispersées
dans la plaine
au loin

p
e
r
l
e

                                                Cai Guo-Qiang, The Earth Has its Black Hole Too, 1993 (Fondation Cartier)

(des choses sur l’étonnement)

 

 

il n’y aura que des flots faux

tes impressions avec des mots
on s’en fout

auras beau te tenir à l’orée
des fleuves et des clairières

on s’en fout

n’y aura que des flots faux
des petits machins cyniques

du tu disparu
des signaux faibles

ému des souvenirs
à balancer aux lions inexistants

qui a déjà vu un lion ?

Musée Guimet, Paris

un calme règnera ?

 

 

un calme règne
une lumière blanche étrange
de ces jours sans nom
jours indifférents
exister dans les interstices

 

un calme règne
d’un autre jour
sa lumière bleutée douce
des questions l’horizon
des réponses l’absence

”GESANG”

 

 

 

les gens ont des vies de gens

il est possible que tout soit possible

le je traître, le je extérieur, le je baladeur

tout est faux et répété

il est question d’une miette

avant j’étais une miette

dorénavant je suis une miette

je ne dirai plus rien

(Gesang aurait dû être, Gesang n’est pas, Gesang est impossible,
Gesang est à Schubert ce que la pluie est à l’automne,
si ça continue, Gesang reviendra et ce sera malin, tiens)