la procédure fait peur
je suis devant le mur, devant la cascade, devant le pont
tu es forcément devant quelque chose
et : dos à quelque chose
facile : dos au murle vide creusé par les deuils et éloignements
est acquis
il n’y a plus personne ou presque
mais il reste le langage, toujours, le secours en montagne
le secours devant l’abîme dos au muril n’y a pas rien, facile,
l’empoigner, le vider
d’abord le vider puis l’empoigner
tu fais le geste avec la main rapace
qui replie ses serres sur l’airau creux – parce qu’il y a un creux –
nécessairement au creux de ton ventre
– parce qu’il y a un ventre et des viscères –
en ce creux que tu nommes vide
existe une vie secrètela serre des doigts et les viscères du ventre
forment ou conforment, plus exactement,
ce qui, dans le langage, ne m’échappe pas,
m’appartient en propre :
vider et empoigner ce signifiant absent.





