ça commence comme ça :
ça patine dans ma tête, non que ça fasse du patin, encore que,
ça s’écrit à la plume, celle qui marque les pleins et les déliés
comme dans nos cahiers d’écriture que plus personne ne connaît
nos bureaux et nos encriers, nos plumes et nos porte-plumes
nos bureaux d’enfants à grosses tubulures vert kaki
ça patine dans ma tête, et à mon bureau ça s’écrit sur un bloc papier
à petits carreaux, ces cinq mots
*
c’était le matin, ça patinait dans ma tête, non que ça patine vraiment
mais ça patinait et ça s’écrivait noir sur blanc
ensuite, tout se mélange et se superpose
les guerres patinent dans leurs têtes & dans la mienne
l’incertitude domine, ça patine sur les parquets cirés
ce sont des pas de danse mortels, glissés, longuets
un funèbre obscurcissement mondial
traîne dans les azurs convoités les azurs troués de fumées
*
ça patine encore dans ma tête et dans la leur
quand les jours ne sont plus que lambeaux du temps
& ça ne finit pas même quand il est seize heures
qu’à l’ombre on se terre et qu’ailleurs on meurt





