[extraits largement expurgés de mon journal,
centrés sur les canicules de mai, juin et juillet 2026,
qui attaquent clairement mes capacités cognitives]
CANICULE 1
25 mai 2026 – lundi de Pentecôte, claquemurée dans ma maison, dehors canicule – à 23,8° dedans et dehors, j’ai tout refermé au Sud-Ouest ; l’Est l’a été dès le début de la journée ; à ce moment ce sera peut-être vivable – ça peut monter à 40° au soleil…
26 mai 2026 – le soleil tape déjà, 8h22, je suis fatiguée et déprimée par la chaleur, mal dormi, évidemment, tard et mal, trop tôt réveillée
je redormirai probablement en fin de matinée, puis dans l’après-midi
j’ai légèrement froid (!) alors qu’il doit déjà faire 30° dehors, que je me sens très bien après avoir été très déprimée cette nuit et ce matin, que j’ai accepté la situation de canicule et l’enfermement pour me reposer…
27 mai 2026 – Paris, soir, canicule, bien-être, une vague odeur de pêche s’échappe du saladier de grès, je viens de voir Benedetta, de Paul Verhoeven
28 mai 2026 – réveil, chaleur, toutes fenêtres ouvertes : déjà le frais à peine né régresse ; bien dormi mais trop peu je pense
il faudrait que je redorme…il est 7h
mon système peut-il durer (je suis fatiguée de ce temps chaud, donc déprimée) ?racheter un 2e ventilo ? suppose de me remuer pour faire ça avant la canicule folle, ce matin
29 mai 2026 – ce matin je vais un peu partout : à St Petersburg, à La Haye, je me sens bien malgré le peu de sommeil
hier aprem, passée sous l’air du 2e ventilo sur le canapé, bienheureuse de l’avoir acquis hier matin
31 mai 2026 – hier samedi fut le jour le plus chaud (?), (et je n’en ai rien écrit ?!) –
ce matin dimanche, enfin une relative fraîcheur –
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CANICULE 2
16 juin 2026 – je suis diluée par la chaleur déjà existante à 9 h
19 juin 2026 – la température monte, et je crains pour mon voyage à Bordeaux dans une semaine, vendredi prochain / je rentrerai à Paris mardi (ou mercredi ?)
20 juin 2026 – pas assez dormi, grosse insomnie un peu avant 2h, jusqu’à au moins 4h30, on voyait déjà les lueurs de l’aube…il fait déjà très très chaud, c’est infernal
je ne sais pas si je reviens lundi ou mardi à Paris, impression désagréable cette canicule qui nous contient, baignade à Paris ?!
de dire que c’est affreux qu’est-ce que ça change ?! on a l’impression d’une vie au ralenti, on tourne en rond de nombreuses heures de la journée…
21 juin 2026 – canicule : revenir seulement mercredi à Paname ? c’est tellement plus agréable ici, alors ?
ce départ à Bordeaux vendredi en Ouigo me soucie
23 juin 2026 – en attendant, canicule – j’ai commencé une sieste à 10h du matin sur le canapé en bas, et je me disais qu’étrangement j’arrivais à faire baisser ma température par la seule force de l’auto-suggestion, je me disais : je passe de 28 à 24°
ça m’embête, ça, retourner dans la fournaise parisienne et filer à Bordeaux-Arcachon ensuite, ça me contraint
sans compter que j’appréhende le train par la canicule, croisons les doigts
25 juin 2026 – hier fut la fournaise suprême, 34° dans l’appartement – j’écris sur mon balcon parisien où un filet d’air me rappelle la fraicheur disparue, il est 5h30 –
hier je suis allée me mettre à l’abri dans la salle rafraîchie de la mairie du XVIIIe, où nous étions tous de pauvres petites choses impuissantes, on a bavardé, avec d’autres femmes de mon âge, des ”seniors”, on souffre et on échangeait avec des sourires, c’est ce qui nous reste
hier il y eut le malaise, le cocktail glacé sans alcool, le bavardage au Carrefour Market climatisé, puis dans le hall d’une banque climatisée, la recherche effrénée de lieux frais, jusqu’à la salle rafraîchie où j’ai passé environ deux heures
ce jour va être encore difficile, demain je partirais (conditionnel) si le matériel du train le veut bien – si j’étais là-bas, j’irais à l’étang, mais je ne suis qu’ici
26 juin 2026 – pas de départ à Bordeaux, train supprimé, c’est pas plus mal, ça m’angoissait un peu – hier au cinoche, vue le dernier Soderbergh, The Christophers, pas mal, bavard mais pas mal, et gratuit, offert par la mairie du Xe
aujourd’hui : trouver quelque chose à faire, où être, après quelques gouttes et un peu d’air, à nouveau soleil de plomb
soir /// journée interminable et minable, et enfin pouvoir ouvrir volets, fenêtres, se mettre au balcon et ressentir le vent, juste le vent, j’ai cru qu’il était parti, fini, on a été sous un ”dôme de chaleur” pendant des jours et des jours, mon cerveau fondait, se liquéfiait, plus rien dans la tête…
aujourd’hui j’aurais dû partir à Bordeaux – et rien, quelque chose qui s’enfonce dans l’absurde : passer la journée sur mon canapé le corps couvert de torchons trempés que régulièrement j’allais mouiller…une sale impression de misère, d’être réduite à aucune réflexion, une horreur
faire un texte sur la canicule…trouver des bouts dans ce journal ?
27 juin 2026 – premier matin de fraîcheur ”normale” – mais comment être à ce point déconfit par une canicule : déployer tout ça – les torchons mouillés ! je regarde ce titre et repense à cette résistance inouïe, à ces inventions
cette non-vie tous ces jours…il fait 29° à l’intérieur, on a perdu 5 degrés, mais dehors 21° et la fraîcheur entre par les fenêtres, il faudrait qu’elle entrât davantage
je devrais être à Arcachon, mais j’aime aussi être ici, c’était trop secouant cette période, comment l’écrire ?!
28 juin 2026 – ce soir, on nous prédit un retour de la chaleur à partir du 7-8 juillet…
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CANICULE 3
6 juillet 2026 – canicule repartie – trouvé ventilo chez Leclerc et de quoi bricoler une douche de jardin chez Bricomarché
8 juillet 2026 – on subit la canicule, on tente d’exister, de s’organiser avec elle
9 juillet 2026 – énergie de dingue, levée très tôt, lavage des draps, balayage de la petite maison, course contre la montre pour tout faire avant de tout fermer, 9h30, ça y est…
soir //// ces jours dont les heures n’existent pas (grosso merdo 12-19h) : s’arrêtent demain, je m’en vais
12 juillet 2026 – retour à la maison de Paris, 31° dedans, j’aère tout, je reviens de la grande fête, durant laquelle un coup de chaud m’a assaillie plusieurs heures, affreux – j’avais pensé : en écrire quelque chose, trois heures dans la cave à méditer, je suis une cérébrale, si je ne mets pas des mots sur ce qui m’arrive, ça ne va pas, etc.
course contre la montre pour ce qui est de la chaleur, et ce, depuis des jours et des jours : épuisant
la ”fatigue d’avance” pour tout ce qui allait être à vivre l’a été, a malheureusement tenu ses promesses, mais maintenant, je jouis du peu de fraîcheur encore possible (9h15)
13 juillet 2026 – la forêt de Fontainebleau brûle…j’y suis passée hier au petit matin vers 7h, je suis tellement soulagée de m’être tirée tôt hier de la fête, quel enfer cette canicule, ces incendies, des drames
que faire avec cette cave ? c’était vraiment formidable, et tellement métaphorique de ma situation dans le monde……les impressions embrouillées, l’enfance, la relégation, etc.,
les nombreuses pensées pendant ces heures là-dedans, un contenant, et au-dehors les gens, une ronde de gens passant par le soupirail, le soupirail ne laissant passer qu’un tout petit peu de lumière, mais si vive, et les bruits, les cris, les paroles, les exclamations, la musique…
16 juillet 2026 – fraîcheur de 6h, enfin, peut-être une fin de canicule ? attendue, désirée, requise – le retour des mots ?!
je récupère, pas encore, ça va être lent, lent, lent
bref, sortons de tout ça, revenons à nos moutons, que cette canicule cesse, bordel !
18 juillet 2026 – (samedi) – réveillée 6h plus tard, pas assez dormi, je baille, il ne fait enfin ”que” 26° dans l’appartement
l’effilochement de ma pensée : on ne peut pas avoir du froid quand il fait chaud, contrairement à : on peut tout à fait avoir du chaud quand il fait froid
le chaud est une dictature absolue, le chaud est mon ennemi principal
19 juillet 2026 – fini par dormir 10h, de 22h à 8h, et encore, par petits bouts, réveils à minuit, 3h, 6h, 7h, et encore, c’est insuffisant !
dimanche matin la fraîcheur la vraie…comment faire pour échapper à la prochaine canicule ?…





