on ne sait plus si c’est septembre

 

 

j’y vais à tâtons

j’y vais autrement

je change mes yeux

je pars à l’envers

je ne sais pas à qui je parle

je pars de l’image

tu fais de la poésie

pas tout à fait

de la poésie narrative

rien de ce qui est nommable

rien d’innommable non plus

ceci n’est pas un escalier

je crus l’avoir vu

des passerelles superposées

comme en Italie

des dehors-dedans

des envers

je ne fous rien

et ça me va bien

tu es toujours contente

::: toujours.

 

 

ressentir l’étrange dans le familier

 

 

et le ciel gris-noir
à peine séparé de l’aube

changer le ventilateur
pour le petit radiateur

tournant de la saison
au retour la ville si vieille

(…)

il me manquerait des gestes

les gestes sont intervenus

se sont intervertis

. & disparus .

étrangement muette de mots

 

 

 

et puis supprimés, les mots, tout supprimé
des titres informés aussi, comme :

où Gabriel découvrit la plante magique
(et ainsi de suite de la continuité des chapitres)

ce où qui signifie à la fois le lieu et le moment
ouvrant toutes les ouvertures sous la couverture

……………………………monde…………
succession de crises majeures

y vivre encore
où et quand (et jusqu’à quand) ?

 

 

roulant dans le paysage
& lorsqu’il s’aplanit
le reconnaître comme bienfait

                                                                                                                                                         porte Auguste, Nîmes

 

ce qui nous arrive nous banalise

 

Le temps : j’étais dans ma salle de bains, et j’ai regardé la serviette de pieds, c’était juste avant que je la prenne, que je la dépende (elle est en hauteur, suspendue, pincée à un barreau circulaire en hauteur), et j’ai pensé à toutes ces années ou plutôt à tout ce temps qui s’est écoulé depuis que j’existe, depuis très très longtemps toute cette espèce d’impression de coagulation, que je ne comprenais pas,

où était parti le temps, je ne comprenais pas en regardant cette serviette de bain pour les pieds, cette serviette de pieds, je ne comprenais pas où était passé le temps, où était parti le temps.

La verticalité de la serviette qui n’est pas une serviette, mais je ne sais pas comment ça s’appelle, cette verticalité figurait tout le temps passé depuis que je suis née, c’était pas un immeuble c’était une serviette, c’est-à-dire quelque chose de mouvant ; parce que le temps n’est pas rigide, n’est pas fixe, mais la serviette, qui est un morceau de tissu, pendu verticalement, peut représenter verticalement, peut représenter ce temps qui a disparu.

sommaire sommaire des possibles

 

Combien reste-t-il, durant quoi je ne ferai à nouveau rien ? (…) Maintenant-enfin, maintenant il va enfin se passer quelque chose, et alors est-ce qu’enfin je vais pouvoir me débarrasser de moi ? (…)
En fait, je pourrais vraiment très bien vivre sans moi,
à bien y penser.
Elfriede Jelinek, Winterreise, extraits du chapitre 3

 

un deux trois j’irai dans les bois
quatre cinq six cueillir des cerises
sept huit neuf dans mon ?

neuf…
neuf…
neuf ?

est sera neuf ?
plus rien ne
plus rien de neuf

neuf heures vite
aller dans les bois
cueillir des ?

                                                                                                             maison de tante Léonie pendant la canicule

 

 

”transformations majeures attaques massives”

 

 

 

pas faute de
pas faute de maximes
de maximisation
d’adverbes d’adjectifs d’advenir
pas faute d’y être
pas faute d’en être
pas faute d’en trouver le centre le nerf
pas faute d’entraver quoi que ce soit
à ce qui rime ce qui arrive ce qui

 

mais l’écart toujours jamais
l’écart entre ce qui est et ce qui se dit
entre ce qu’eux disent et ce que
sentent
communément
ceux qui
entre ceux qui
décrivent
et ceux qui

 

geste jamais fini
balancé le bras là-bas
balancé loin comme fuite
balancé comme
impuissance latérale
impuissance définitive
le bras ni long ni court
balancé
d’avant-garde de garde