Mercredi, une cale pour récit bancal

 

– Il y a quelque chose avant la chose, j’ai repensé à ça : quand j’écris, il y a toujours la possibilité qu’avant ait eu lieu quelque chose qui situe le premier récit, qui le cale, et ma tentation est toujours de faire remonter la chose, ce qui fait que le récit s’encastre dans un autre et ainsi de suite comme des poupées russes ; puis le désintérêt me gagne, le premier récit s’éteint progressivement, le deuxième brille, arrive un troisième, etc. C’est sans fin !
– …
– Il s’agit des voix qui portent les personnages, qui les placent comme le placier au spectacle, comme si je pouvais les déplacer, j’ai du mal à expliquer, je change la focale, le récit s’enchâsse et devient raconté par quelqu’un d’autre, j’ai toujours la tentation de démissionner du récit, comme si d’être en première ligne me gênait, et c’est ça, ça me gêne, je voudrais disparaître.
– ……
– J’ai du mal à le prendre au sérieux, le récit que j’écris, du mal à me prendre au sérieux, quand tant d’autres étalent complaisamment leur travail, ayant l’air de savoir ce qu’il en est, ce qu’ils sont, il n’y a pas lieu, pour moi : l’écriture est quand même un encombrement majeur, un raz-de-marée récurrent, une nausée affleurante.
– ……
– Vous ne dites rien ?… J’aime pas dire ces choses que je viens de dire, ça me contrarie, ça n’a aucun intérêt, je m’énerve, je ne peux pas faire un sort une bonne fois pour toutes à ce truc-là, il n’y a pas de bonne fois pour toutes sauf la mort, je comprends pourquoi vous ne dites rien, parfois c’est mieux de ne rien dire, c’est ça ?
– À demain.
– Oui, à demain.

 

[extrait de Dialogue avec l’analyste,
version consolidée du 7 octobre 2015]

travaux, musée La Piscine, Roubaix, octobre 2021

Vendredi : quoi faire de ses je veux


– ……


– … La figure du coiffeur quand il « défait la boucle », il la défait comme il carderait une pelote de laine sauvage, il « ouvre » le cheveu, il le défait, et, le défaisant il connaît le cheveu de l’intérieur, c’est très étrange à voir.
Il singularise tout ce qu’il touche, et, en touchant, il définit, comme le narrateur d’Emmanuel Bove quand il reconnaît ses dents le matin, il se fait exister, il remet les choses en place. 
Ou plus exactement il assigne au miroir la fonction de se recomposer la dentition : il se sépare les dents, elles sonnent ensuite, chacune sa petite musique. 

Sinon, tout est confus, vous voyez, c’est ça le coiffeur, il sépare, il défait, ensuite, magie, il recompose la boucle avec un pschitt. Le pschitt est l’arme fatale du coiffeur
.
– Qui ?

– Bove, un auteur français des années trente, un type formidable, comme vous diriez.

J’ai rêvé de ma grand-mère en col roulé, mollets bronzés, jeune, elle s’écriait, très enthousiaste, très entraînante : Allons mourir ! Elle était très vivante comme elle n’a jamais été, et bronzée comme elle n’a jamais été. C’est un drôle de truc la vie, on peut naître dans une petite allée de maisons ouvrières avec jardinets parfumés dans une époque, et mourir dans une autre à laquelle on ne comprend plus rien.
C’est pas synchrone de soi, la vie. 

C’est une époque où on utilisait de la laque pour tenir le cheveu en place, il le fallait, il fallait que le cheveu se tienne bien, comme bien se tenir à table, les mains bien à plat. Pour se faire faire une permanente. La permanente tient bien. La permanente dure…ce que dure l’intervalle de retourner chez le coiffeur.
Il existe des pschitt qui remplacent la laque ; peut-être que la laque existe toujours pour certaines mémés à cheveux clairs et trop fins encore en vie, je ne sais pas ? C’est un peu flippant comme perspective, la mémé à pschitt de laque et bas chair encore en vie.

– Chair encore en vie…

– Non ! bas chair ! bas comme des bas sur les jambes qui tiennent avec des fixe-bas, porte-jarretelles, on ne connaît plus les noms, mais on les voit bien quand c’est l’actrice américaine qui les manipule, ou mieux, l’Italienne, avec la permanente et le regard par-dessous d’un air entendu, comme si elles possédaient tout le savoir du monde.
– …

– Certes, un savoir-y-faire
.
– Vous venez la semaine prochaine ? 

– Oui !

– Alors à mardi
.
– D’accord, à mardi.

[extrait de Dialogue avec l’analyste,
version consolidée du 7 octobre 2015]

détail de l’emballage de l’Arc de Triomphe (Christo & Jeanne-Claude), septembre 2021

« Toujours la même histoire » (Musil)

/ Premiers jours de janvier 2002. Dernières nouvelles de l’extérieur :
la Joconde à moustache vient d’être prêtée par Robert Hue à la reine d’Angleterre. Ça ne s’invente pas. On vient d’inventer la pelouse chauffante pour les matchs de foot. Ça ne s’invente pas. Arafat est toujours coincé à Ramallah – assigné à résidence -. Ça ne s’invente pas. /


C’est le bordel total à Ramallah. La radio La Voix de la Palestine a été bombardée, etc. On pense qu’en détruisant des bâtiments tatatatata les gens vont arrêter de se coller. C’est quand ils se collent qu’ils deviennent ennemis. Et quand il fait chaud. La chaleur ne devrait pas exister. Pourtant, le réchauffement de la planète fait tout pour.
On écoute poliment le réchauffement de la planète et les bombardements dans les territoires occupés. En se décrottant le nez ou en se livrant à n’importe quelle autre opération nomenclaturée du rapport à son propre corps. La littérature contemporaine foisonne de ce genre de nomenclature, tandis que la planète se réchauffe et que les bombes tombent, réduisant à néant toute espèce de nomenclature.

Mars 2002. Ramallah est abondamment bombardé. Des palestiniens désespérés continuent de se faire exploser dans les cafés. On retrouve des débris de chair partout autour, d’eux et d’autres qui prenaient tranquillement un verre. Des femmes commencent aussi à se faire exploser. Les ambulances palestiniennes ne peuvent plus sortir sans se faire canarder par les chars israeliens omniprésents. Arafat a finalement été autorisé à sortir de son logement. Mais il ne peut aller nulle part. Les Nations-Unies finissent péniblement par pondre une résolution où il est question d’un état palestinien à côté d’Israël. Mais où ? Nulle carte nulle part pour situer cet à-côté. Toujours pas de Palestine. Pas de lestine. On tourne autour du pot.

Les chars israeliens ont fini par faire ce que, par ordre, ils devaient faire depuis tout ce temps : pénétrer le domaine d’Arafat. On est à trois jours du poisson d’avril ; les oeufs de Pâques fleurissent colorés dans les boulangeries qui se dépensent dans cette profusion ovoïde, inventant des espèces toujours plus différentes (plus seulement en chocolat mais aux jus de fruits ; à la pâte de fruits, etc.) ; les juifs fêtent Pessah, pain azyme et dons aux chrétiens ; les salariés ordinaires se ruent sur les routes pour éventuellement y mourir dans le week-end rituellement et préalablement décrété le plus meurtrier de l’année (comment le savent-ils déjà ?). On parle plus précisément de l’intégrité physique menacée d’Arafat, ou du vieux lion.

Chaque mot est pesé, tandis que les images du trou dans le mur d’enceinte du Q.G. de Ramallah soustraient le sens de ces mots pesés.
Destruction. (A cet instant précis, imaginer toutes les catastrophes de destruction de bâtiments dans le monde).

Ramallah à nouveau encerclé /

Fin juin 2002. Toujours pas de lestine. Palestine remise à plus tard sous une mention à la fois plus virile et plus subordonnée : État palestinien, à côté d’Israël. En 2005, sur décision du manitou américain, et à condition qu’Arafat se déguise en quelqu’un d’autre – ou meure, si possible. Puis : destruction totale du siège de l’Autorité palestinienne à Hébron.

[Le nom propre est agréable en ceci qu’il est familier. Nous avons des nouvelles d’Arafat jour après jour ; le nom se prononce bien, il a suffisamment de syllabes pour être consistant en bouche, ce qui n’est pas le cas de Bush. Même Bush a plaisir à ouvrir la bouche pour prononcer : Arafat + un décret de mort, accessoirement.]

À cet instant, la voix d’une radio égrène le raid sur Gaza. La maison du chef du Hamas détruite. Le Hamas crie vengeance. Arafat dénonce le silence de la communauté internationale. La Palestine en lambeaux, moins lestine que jamais : pas. Les enfants palestiniens morts.
Les images. Les images. Les images. Les images de la voix. Une tonne pour étouffer les voix. Les appartements éventrés. Les trous dans les béton, les corps, les petits corps empaquetés dans des draps à la hâte, qu’on referme sur les visages pour les protéger de plus de la mort, car ça peut exister plus-de-la-mort, surtout chez les enfants.
Re-tués, re-re-re-re-tués. Pas de lestine, sombre comptine.

[mai-juin 2002]

Château de Gramont, Bidache, Pyrénées-Atlantiques

 

comment Fenêtre (Buenos-Aires)

Fenêtre avait bien compris que l’amour était le but, on ne peut pas la lui faire, il saurait répondre si on l’interrogeait par surprise, mais en fait, il ne comprenait toujours pas ; par exemple, quelle attitude devait-il adopter face à cette vieille dame qui l’avait adopté, lui. Le mystère de l’autre restait intact, et tant mieux, sinon quel ennui.

Finalement je me suis perdu, finit-il par dire, à moitié pour lui à moitié pour la vieille dame. J’ai attendu en bas, je pensais que vous n’étiez pas dans votre chambre. On ne sait jamais si on est vraiment là où on est, dit la vieille dame avec un petit sourire. Ah ! vous avez entendu ce que j’ai dit ? Oui, tu vois bien que j’ai mes oreilles ! Elle avait ses jambes hors du lit, qui pendaient, comme si elle était entre deux stations, assise-debout. Vous voulez que je vous aide ? Je n’ai pas besoin d’aide, mon petit. Ou bien si, aide-moi ! À quoi ? À mettre mes chaussures. Lesquelles ? Celles qui sont là, avec le petit noeud.

Ils sortent de la chambre, contournent les quelques obstacles habituels aux couloirs des hôpitaux et des maisons de retraite, notamment des humains statiques dans des fauteuils, empruntent l’ascenseur et se dirigent vers le jardin. Mme Salzburg s’appuie sur Fenêtre et pas le contraire. Fenêtre ne déteste pas cette situation. Un chat passe, pas très vite, à une allure de chat, elle le remarque, et bizarrement susurre quelque chose d’inintelligible comme si elle pensait parler chat. Le chat s’arrête, la regarde, puis reprend le cours de sa promenade, de son inspection générale, de sa quête de câlins, de croquettes, de thon.

Fenêtre, on s’en serait douté, professe une indifférence non jouée envers la gent féline domestiquée. Mais pas seulement ; envers tous les animaux. Ça ne lui suffirait pas de vivre, il voudrait autre chose mais quoi ? Les animaux, ça leur suffit, de vivre : il les envierait. À ce stade, on ne sait pas tout, et d’ailleurs Mme Salzburg veut s’asseoir, là, à la petite table, tu crois qu’on aurait frais ? Non, tenez, un châle. Autour, c’est pas mal la débandade de vieux et de vieilles, surtout des vieilles, enfin, à un moment, on ne fait plus la différence : les vieux ont des visages de vieilles et vice-versa. Les traits se diluent dans des expressions indéchiffrables. Des regards noyés et des paroles à peine audibles ou très criées.

Mme Salzburg est un mystère, comme il a été dit plus haut. Oui, l’amour était le but, le fondement, les environs.

il est possible de trouver deux autres textes ayant trait à Buenos Aires :
ici, un Prologue
ici, un fragment

Bjarne Melgaard, Elisabeth and me, Galerie Thaddaeus Ropac, 2020

IMPAIRES • IMAGES • INACTUELLES

 

[21 mai 2007]

La vieille le regardait souvent, en disant je vais faire revenir quelques-uns de ces torchons. C’est souvent l’hiver. Les torchons sont à carreaux verts, bleus, et rouges, exclusivement. Ils sont vendus par lots, en chiffre impair, de façon à ce qu’on ne puisse pas faire de paires avec. Il fait froid. La petite se tient au fond du fauteuil beige, en boule. Elle tient ses chaussettes avec ses mains. Elle se repose.
La vieille reprend son tricot. La petite lit des images d’Épinal. Elle fait le plein d’images, recoloriées avec une force incroyable dans les bleus, les rouges et les jaunes, surtout les militaires avec leurs manteaux stricts à boutons, les vraies images dans un vrai livre d’Épinal.
Épinal va avec catalogue, les carreaux des torchons et les carreaux des images.
C’est l’heure de la soupe. La petite reste vautrée dans le gros fauteuil beige. La vieille tricote. L’heure n’avance jamais, jamais. C’est très très long. Il faut attendre.

Parfois la sonnette retentit, comme une cloche de l’école. Elle sent le chocolat brûlé. Enfin, les deux vont ensemble. La petite ne cesse de faire des paires.
Qui sonne ? Le voisin venu apporter un peu de mâche du jardin. La vieille sait parfaitement préparer des betteraves avec de la mâche : les couleurs vont ensemble, vert et rose-rouge foncé. La couleur de la betterave, la petite l’a dans l’oeil. Parfois alternance avec oeuf mollet dedans.
La vieille prononce particulièrement sombre le mot betteraves, surtout raves qu’elle laisse traîner. La petite ne peut pas faire autrement que d’observer toutes ces variations de températures dans la voix de la vieille et au-dehors, quand c’est l’heure de la consultation du catalogue. Fenêtre givrée. Halo de sa bouche chaude sur fenêtre givrée : chaud-froid. Il y aura drap froid dans lit haut.
La petite confond tout, celle qui tricote et celle du livre d’images. Le froid.

Elle pose le livre d’images, descend du fauteuil et prend le catalogue. Elle ouvre au hasard et tombe sur la page des accessoires de chasse, puis peu de temps après, sur celles de la lingerie féminine. Elle revient sur les accessoires de chasse : le canard en joue est pas mal avec sa queue verte comme un poireau.
Ça sent le poireau partout, vapeur de poireau bouilli. La veste du chasseur qui a fière allure est bourrée de poches à fermetures rutilantes.
À la page des femmes dénudées, elle y va comme en cachette. La vieille un peu voûtée remue sa mixture. Elle va passer la soupe.

Clémentine Mélois, galerie Lara Vincy, décembre 2020.

 

huit février deux mille trois

    La bibliothèque municipale.

C’est là que je la rencontre. Je l’observe, accroupie entre les rayons, avec un livre entre les mains. Un chien aboie dehors. Des gamins jouent à cache-cache avec les rayonnages ; c’est tellement tentant. Les parents sont ailleurs, absorbés.
    J’ai rien à faire aujourd’hui. J’ai souvent rien à faire. Je suis au chômage. Je suis désoeuvré comme ils disent à la télé. Donc je vais à la bibliothèque. C’est gratuit et plus agréable que l’ANPE. Il y fait chaud et c’est feutré. Moi, j’ai vingt-sept ans et j’habite provisoirement dans l’appartement d’un mec souvent fourré dehors. Il m’héberge.
    Ça fait plusieurs fois que je vois cette fille, cette femme plutôt. Elle a quelques cheveux blancs, remarquez, ça veut rien dire. Des fois, y a des gens qu’ont des cheveux blancs très tôt.
    Elle reste là assez longtemps, un peu comme moi, mais on n’est pas dans les mêmes rayons. Il faut que je me déplace si je veux la voir. Elle est dans des rayons compliqués. Pourtant, elle a pas l’air compliquée, elle. Moi, c’est des livres plutôt…comment dire ? Des livres d’histoire, de l’histoire racontée. Ou de science-fiction, ou de constructions. J’aime bien les constructions, les inventions, les trucs comme ça. Avec des images si possible, ou au moins des croquis.
    Le problème, c’est que je suis timide. Elle a dit son prénom à la dame de la bibli, j’ai jeté un coup d’oeil en douce sur sa carte, et voilà. Je suis bien avancé maintenant. Je me vois pas aller lui dire “Alors Sabine, on va boire un café ?”. Pourtant, dans les films, c’est ce qu’ils font. Et ça marche ! Pourquoi je suis pas dans un film ? Ça a l’air toujours tellement simple. Vous me direz, sinon, y aurait pas de film.
    Je m’asseois dans la zone magazines et je fais semblant de lire l’Auto-Journal. Y a un spécial Salon de l’Auto. J’adore les voitures et je peux pas en avoir. Rien, pas de fric. L’autre jour, j’ai vu une Chrysler Saratoga, avec le pan coupé derrière brut, à l’américaine, quoi. Le mec, au volant, il essayait de téléphoner, c’était le soir, c’est pour ça, on le voyait, il avait allumé sa petite loupiote. Il était un peu embrouillé avec son carnet d’adresses.
    La bagnole, j’aime. Ça vous pose un homme. Moi, dans le bus, bon, je le surplombais, mais lui, il faisait ce qu’il voulait dans sa bagnole. Sur la lunette arrière, j’ai vu 100 jeux amusants. Soit il avait des gosses, soit il aimait les jeux amusants. Je peux pas aller au Salon, ça m’énerverait. Trop de bagnoles à ne pas avoir. C’est comme l’autre fois, alors là, encore mieux que le Salon : une expo de Ferrari, des vieilles, des nouveaux modèles, des rouges, des jaunes, des grises. Je m’y connais pas en Ferrari, mais c’était magnifique sous la lumière jaune de la place Vendôme. Anniversaire double du Ritz et d’un club automobile, c’est un des chauffeurs de la délégation indienne qui m’a dit ça. Même qu’y avait un ministre d’Inde, ou deux. Les flics viraient les petites voitures sans importance, allez hop, du balai, même certaines Safrane. Ils devaient être vexés. Mais c’était l’heure indienne, les saris, les gardes du corps, l’entourage du ministre. Tout le monde est nerveux dans ces cas-là.
    Moi non, personne est nerveux pour moi. Ma mère pourrait l’être, mais elle est morte. Mon père est dans une petite île bretonne avec une bonne femme que je déteste, donc je le vois plus. Classique, quoi. Quant à mon frère, il est beaucoup plus âgé que moi, et rangé des voitures, sans jeu de mots. Représentant pour une maison de couteaux, il vit dans l’Est avec femme et mouflets adolescents. On n’a rien à se dire.
    J’aperçois Sabine. Elle va emprunter des livres et s’en aller. Elle a fait son choix. Elle en prend un max à chaque fois. Je sais pas ce qu’elle fait avec tous ces livres. J’ai du mal à croire qu’elle les lit tous. Depuis quelques semaines que je la piste, elle en rend et en prend beaucoup.
    J’aime pas mon prénom, je le trouve con. Rien que ça, ça me fait hésiter. Il faudrait qu’on se présente, et alors, je dirais quoi ? Guillaume ? C’est daté. Je sais pas pourquoi, mais on n’est pas au Moyen-Âge. C’est un prénom du Moyen-Âge. Il faut que je m’invente un prénom, et puis peut-être une autre vie, parce que la mienne…