ce petit meuble jaune exposé aux intempéries

il y aurait quelque difficulté à se souvenir des rebuts :
ils ne le réclament pas, ils n’ont aucune conscience de leur état de rebut
le commentaire placé en texte premier suppose d’extraire
abruptement & prestement ce dont on parle, de le jeter, de le laisser
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encre de Michaux avec reflets d’arbre
exposé aux intempéries, ce petit meuble jaune jamais
ne finira : écaillé rouillé divisé pâli, mais encore ici
sa clé fonctionne parfaitement, ses petites portes s’ouvrent
sans grincer, comme si ses gonds étaient à jamais huilés
jaune, le petit meuble date d’avant une guerre, ou d’après
les guerres s’inscrivent dans les rebuts, ainsi que les
intempéries exposent des fractures et des entailles
et qu’il n’est pas besoin de chercher leur comblement
autre et plus mince circule l’idée de la fissure venue
des entrailles : la surface contredit la profondeur
et pourtant jamais l’une sans l’autre, le rebut se saisit
des moindres écailles et perpétue le vivant contraire
à sa peinture nouvellement dessiquée, fantaisie continue
de successions d’intempéries cloquantes

Auteur : Édith Msika

Une théorie de l'attachement, P.O.L, 2002 Introduction au sommeil de Beckett, publie.net, 2013 L'enfant fini, Cardère éditeur, 2016

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