[menu en ou]

comme il n’est pas possible de cuisiner un ours ou un loup, tu cuisines des moules (surgelées marinières, c’est plus facile, réchauffer six minutes, tu as bien six minutes devant toi ?) et du boulgour, tu cuisines en trois ou :
ou
ou
ou

ensuite tu es si content, si si content, presque aphasique

c’est tout (bien que le tout se cuisine difficilement)

theremine

ce qu’on cherche / devait être le début / et toutes fadaises bues,
fait diversion :
quelque chose / fait / diversion
– cette version-ci, cette version-là –

ce qu’on cherche / devait être un début : pétarade, proutorade, camarade / et : nada, nada de nada, chope la poussière sauve la caissière, chope la poussière, sauve, sauve-la, sors-la de là, emmène-la

ce qu’on cherche / devait être un début
(et plus ça va moins ça va : plus ça va cherchant, moins ça va chercher)27052010117

un jour il y eut un début, et ce jour : theremine
on ne touche pas et c’est beau / on regarde, et c’est beau : on ne parle pas de ce qui n’existe pas,

theremine un matin, non, theremine un soir,
on a oublié quand, en vrai, quand c’est important, tout est oublié,
on ne touche pas, on parle à côté de ce qui est : et tout est modifié à vue

ce qu’on cherche / devait être un début / et toutes fadaises bues,
fait diversion : theremine

 

 

 

 

l’horizon n’est pas si bleu

devait être à l’imparfait, devait. mais. c’est du présent. du parfait présent.
allo madame machin ? c’est qui ?
la cellule qualité de O. zéro ? oui.
l’homme est bon, dites que l’homme est bon, dites qu’il a la meilleure note, dites qu’il a 20 sur 20 et faites pas chier.
tous les hommes ont vingt sur vingt, c’est retour à l’antiquité.
il a bien fait, bien fait, fait comme on doit bien faire, prendre sur soi et faire, mais pas seulement, bien faire parce que sinon. sinon ? sinon la cellule qualité le dégomme, la cellule qualité le broie, la cellule qualité le déchoit.
des petites déchéances quotidiennes il y en a tant.26052010102
l’horizon n’est pas si bleu, tu penses quoi ? c’est mieux n’est pas si bleu ou n’était pas si bleu ?

n’est pas si bleu

postposé

il suit du doigt, phrase après phrase, le texte dans le livre,
le doigt revient fréquemment sur un mot, pas n’importe quel mot : l’adjectif,
et il rectifie : il remet en place l’adjectif et le substantif

il est blond, de cette blondeur fanée des vieux bébés

il retourne le syntagme : il replace l’adjectif comme une mèche échappée, avant le substantif, il préfère l’anteposé, il a toujours préféré l’anteposition de l’adjectif

dans la pièce aux murs nus, levant les yeux, il remarque : il y a des murs, l’embrasure des fenêtres est doublée de cages de verre, c’est un double vitrage double-vitré très épais

il semble ne pas savoir qu’il ne peut pas modifier l’ordre des mots dans le livre imprimé, avec son doigt, qu’il croit magique, il déplace et replace, en suivant le mot avec son doigt, et en le disant, en disant le mot qu’il déplace, en répétant le syntagme dans le nouvel ordre, dans l’ordre qu’il a choisi

dehors, et malgré la cage de verre de chaque fenêtre, on entend les voix, les cris, les rires des promeneurs au bois, c’est une sorte de printemps un peu raté, mais le bois existe toujours, les familles sortent au bois, il faut aller au bois, c’est un impératif catégorique de la catégorie printemps nouveau postposé

dedans, les murs de la pièce longue continuent d’être nus, le vieux blond continue de suivre la position des adjectifs, page après page, inlassablement

une portée, une et portée

une portée

sol la fa sol fa mi ré

sol la sol la si do la fa la

si si ré si do (do # ?)

une portée, une et portée, une et pointée, une et plantée

une haie commune entre les dates, le hier et l’horizon,

une portée commune aux hêtres et aux horions

si la fa sol ré ré ré é é é  …………faaaaaaaaaaaaaa

aaaaaaaaaaaaaaaaaaa // (sombre et asséné descendant à la caverne)