l’horizon n’est pas si bleu

devait être à l’imparfait, devait. mais. c’est du présent. du parfait présent.
allo madame machin ? c’est qui ?
la cellule qualité de O. zéro ? oui.
l’homme est bon, dites que l’homme est bon, dites qu’il a la meilleure note, dites qu’il a 20 sur 20 et faites pas chier.
tous les hommes ont vingt sur vingt, c’est retour à l’antiquité.
il a bien fait, bien fait, fait comme on doit bien faire, prendre sur soi et faire, mais pas seulement, bien faire parce que sinon. sinon ? sinon la cellule qualité le dégomme, la cellule qualité le broie, la cellule qualité le déchoit.
des petites déchéances quotidiennes il y en a tant.26052010102
l’horizon n’est pas si bleu, tu penses quoi ? c’est mieux n’est pas si bleu ou n’était pas si bleu ?

n’est pas si bleu

parfois le silence

Vendredi 24 avril 2009

 

On pourrait croire que la petite girafe bleue qui insiste dans la mémoire d’une mémé, qui a voyagé d’un tiroir à une armoire, d’un placard à une commode, on pourrait croire que cette girafonne n’a jamais trouvé sa place,27112009012 on pourrait imaginer qu’elle a traversé des rues et des villes dans une poche de salopette, et, qu’oubliée, elle a perdu sa tête ou bien sa queue au fond d’une poubelle immense, on pourrait aussi se dire qu’elle a servi à recueillir certains secrets, à regarder son ventre ouvert sur le cache d’un tout petit magnétophone. Bien des choses inutiles restent et résistent à la compréhension ordinaire.

quelques peupliers visibles

Dimanche 7 juin 2009

 

——————- des filaments de mots, bleu cime noire ; miss, pourquoi des arbres au bord des routes, à quoi servent-ils ?

ils parlent, de plus en plus fort, droite, gauche, lunettes, col ouvert, crâne chauve, série B, hyperbole, racines noires de la blonde, lunettes, regards affolés, brouhaha, odeurs, haleines, insulaires de France ————————

un homme au bord de la route, jambes écartées, git, dormeur du val, bonjour, eux, casqués brillants, harnachés, autour furtivement lui soufflent dans les bronches, on passe, surveillant la vitesse, ronronne la vitesse ——————————

au niveau national, au caniveau national, régresse, bouleversement, séisme, cherche la tête, cherche qui parle, feuilles frissonnantes, brillantes, bicolores réversibles, caput mortuum ————————-

échec, reconstruire, identité, défi, message, valeur, crise, crise, valeur, centre, ouverture droite, fermeture, gauche ————–

un homme, au bord d’un continent, jambes écartées, bras écartés attend la mort, semblant dormir, semblant dormir ——-

 

 

points d’appui

Jeudi 16 avril 2009

 

L’homme parle. C’est un fait. Il parle (la femme parle aussi bien sûr, la femme étant comprise dans l’homme du point de vue de la langue que nous partageons ici, sauf dans quelques débats de grammairiens ou de féministes ou qui on veut on s’en fout c’est pas le sujet). La femme parle. Elle parle. En somme, chacun/e parle. Ce sont des faits. Les hommes et les femmes parlent. Plus que les animaux en tout état de cause.

Si on met des Malabar™ sur les mots, ils collent et ils deviennent roses. Ce sont des faits. Au lieu de faire des phrases, peut-être qu’ils feraient des rubans mous, roses, intercollants. Et le bonheur des vendeurs de Malabar™ au passage.

L’homme/la femme prononcent des mots roses et collants, les échangent, les envoient, les adressent, les pianotent, les tapotent, caractère par caractère, les synthétisent, les additionnent, les crient, les hurlent, les pleurent, les brament, les mailent, les bloggent, les téléphonent, les via voicisent, les génèrent, en font des nuages, des nems, des particules, les associent, les dissocient, les groupent par affinités, les dégroupent, les cachent, les mettent au rebut, sur le balcon, au frais, dans des coffres, leur font prendre l’air, les livrent en catimini derrière leurs mains, les sussurent à leur amant/e, les reçoivent, ne savent pas qu’en faire, ne savent pas qu’en penser, n’en pensent rien, en pensent quelque chose, se ravisent, n’en pensent rien, si tu veux, comme tu veux, peut-être, je ne sais pas quoi te dire, qu’est-ce qui te dit que je ne comprends pas ce que tu dis, qu’est-ce qui te dit que je n’ai pas entendu, ne s’entendent pas, s’écoutent mais ne s’entendent pas.

Pendant ce temps, une femme grecque chante du Moustaki. Ce temps de pendant qu’une femme grecque est un artifice dont personne ne nous sauvera.

 

comment un libraire et de quoi

Lundi 6 avril 2009

 

Le regard que le libraire portait sur son livre d’art instruisait la cliente sur la disponibilité qu’il avait pour elle : faible sauf cas de question brûlante. Mais la cliente ne voulait pas tant savoir réellement quelque chose que feindre de poser des questions sur l’écrivain norvégien, si le libraire le connaissait, alors-même qu’il était évident, visible, manifeste, que le libraire ne s’intéressait en aucune manière aux écrivains norvégiens non plus qu’à celui-ci en particulier.

La cliente tenait ce livre entre ses mains et s’entendait poser ses propres questions, qu’elle aurait trouvées stupides pour peu qu’elles eussent été posées par un autre. C’est qu’un détail de la couverture de ce livre l’intriguait, la couleur, le nom de l’auteur, sa date de naissance peut-être. La veille ou l’avant-veille, la cliente, cette fois supposément en position de lectrice dans sa propre maison, autant dire la femme, devant l’amoncellement de livres près de son lit, un peu abandonnés à la pousssière, s’était fait la remarque qu’elle ne lisait plus, et s’était même demandé ce qu’était un livre. Mais alors que faisait-elle chez un libraire deux jours plus tard ??

La cliente, enfin la femme mûre, voire blette, s’était souvenue qu’elle avait un jour découvert un auteur norvégien au hasard, auteur qui avait ensuite eu grande fortune auprès des milieux autorisés de la lecture. Ce qu’elle faisait ce jour-là chez un libraire, nul n’aurait pu le dire, mais ce qui est sûr c’est qu’elle en ressortait avec trois livres : un roman, un essai littéraire et une étude historique. Le hasard d’un deuxième auteur norvégien ne lui était pas apparu avec une aussi grande nécessité. Elle avait reposé le petit livre à couverture jaune sur la pile des autres.

Puis le libraire lui avait communiqué un tuyau sur le tuteurage des tomates; et là son regard s’était allumé.