Dans un Paris-Milan une femme se fait voler tous ses bijoux, ou de l’argent, beaucoup d’argent. Au petit matin elle crie, mais ça ne sert à rien. Elle, elle était plus loin, n’a rien entendu. Un peu ça les années absentes : elles sont passées mais rien n’en est resté. Le cri n’a pas dépassé le compartiment.
Ceux qui gardent en eux les choses. Invivable, dit la mère à la fille. Alors je ne peux pas vivre, se dit la fille à elle-même, mais pourtant je vis.
Des histoires comme ça, il y en a partout. Et les mots finissent par tomber comme les dents de lait tombées il y a longtemps. Les mots finissent par tomber, ne restent pas dans les filets du ressentiment qui font si bien les livres d’aujourd’hui : au secours, geignent-ils en chœur, maman-papa m’a abîmé(e), au secours, je n’y arrive pas. Alors que personne n’y arrive, indépendamment des mots prononcés par les géniteurs. Non pas qu’ils n’y soient pour rien, mais il ne sert à rien de pister les mots comme les ombres derrière les arbres ; ils entravent la lecture de sa propre destinée.
L’intelligence pure est la seule règle de vie, la leçon de l’enfant vaillant.
