quel sens de cotentin

plus grand que les violettes, plus haut que la botte ultime,
cotentin me tente, m’intrigue, restera entier, bouche perlée
sans recours : cotentin pierreux, ferré en autre géographie

crocus dominicaux, graviers essoufflés, un peu de pleurs
mouille les pas du vieux : cotentin des chemins, et
sinuosités quand parlent touffes des bordures, translucides

un grand abîme
dépourvu de fond

de rails s’orne,
ornières savantes
toujours sues

 

 

[Jan Lievens (Leyde 1607 – Amsterdam 1674)
Autoportrait, vers 1629-1630]

dans la pièce et dans le silence

dans le silence d’un matin dans la grande pièce

le passage des camions trace

du reliquat de la mémoire ses reculs sonores

 

dans la pièce, grande, dans le silence d’un matin,nbv

le passage des camions trace

le bruit sourd des œuvres pauvres

 

 

actualité de la promenade

le moment où je vais me promener, trois petits points,
le moment-même où je me promène, trois petits points,IMG_20160428_160515
l’intense moment de la promenade, trois petits points

le moment de dix-sept heures,
le moment qui crie et qui caresse,
le moment qui joue en boucle,

le moment où je me promène n’existe pas ;
le moment quand je me promène m’envoie promener
au moment-même où je me promène

une rareté accréditée (a minima)

Elle marche.

IMG_0253

Elle marche, assez vite, pour ne pas dire vite.

Elle marche vite vers un but.

Elles sont très nombreuses à marcher vite.

Dans la journée, elles marchent très vite.

Parfois, presque elles courent.

Elles marchent : tout est possible.

son sourire

dans la tempête son sourire, au loin il fume

à l’abri

un seul sourire, d’un seul homme, au loin

un abri

dans le gris tempête, sourire blanc dans visage noir

est l’abri

des cheminées fument leur gris, tempête au gris

de l’abri

son sourire, au loin : l’abri

abri