cinq plus un, fauves disparates

j’avais quelque chose à faire, je me précipitai, je me déchirai, je ne trouvai plus le terme exact,

j’avais quelque chose à faire, c’était urgent, je devais vivre sous la neige, vers le fleuve, dans une baignoire,

je devais vivre dans le froid d’un livre entier une nuit entière, deux, trois,

je grelottai dans mes gants, je tournai les pages, je devais taire son nom comme ceux des autres,

je devais vivre avec eux, en meute, nous avions quelque chose à faire, sans sacs, en bottes, à grands pas immesurés,

c’était urgent, il nous fallait de la viande et du thon, vite, enragés à grands pas immesurés, du scotch et des lanières,

c’était urgent, je devais faire quelque chose, je me précipitai, je me déchirai, le papier manquait, je tournai la tête, ils étaient là,

j’avais quelque chose à faire, personne n’attendait, le fleuve silencieux filait noir absorbé, leurs ombres rapides sur le pont.

Auteur : Édith Msika

Une théorie de l'attachement, P.O.L, 2002 Introduction au sommeil de Beckett, publie.net, 2013 L'enfant fini, Cardère éditeur, 2016

Une réflexion sur « cinq plus un, fauves disparates »

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