et puis rien, j’efface tout (prose)

1

la timidité la gagnant à mesure que les années s’accumulaient,
le saut proposé par l’inscription au registre de la vie d’ailleurs
lui paraissait de plus en plus inaccessible.

2

Elle se résolut à remettre des marques de respect partout où
elle les avait ôtées. Elle n’en menait pas large. Elle décida du port
d’adjectifs anciens qu’un souffle ne ferait pas disparaître.

3

et fit l’impasse sur la symétrie nécessaire,
bien que cela
lui en coûtât

4

pourtant, rien ne la prédisposait à ces écarts, elle en avait oublié
les règles ; l’oubli s’appuie sur l’absurde : ils font bon ménage

5

Tandis qu’elle rectifiait encore quelque position non conforme,
se produisaient d’autres modifications rapides, qu’elle ne
pouvait contenir : elle eût aimé être surprise, oh oui !

6

se fanaient les fleurs
un peu ivres, les compagnons
meurent lorsqu’ils peuvent. Enfin.

Auteur : Édith Msika

Une théorie de l'attachement, P.O.L, 2002 Introduction au sommeil de Beckett, publie.net, 2013 L'enfant fini, Cardère éditeur, 2016

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