je parle de nombreuses fois après avoir dansé et claqué dans mes mains à la fin en mouvement, après le dernier temps c’est à dire hors du rythme, - imperceptiblement - j’ai le rythme absolu avec mes hanches qui dansent je suis sans tête, il n’y a que mes mains je parle avec des paquets, c’est fluide, rempli, non prémédité l’érosion du pied de la lettre est en cours on pourrait en parler longtemps je parle rempli, en paquets, sans délai ma tête est partie ailleurs, mes gestes sont infaillibles j’ai le rythme absoludes lames de lumière strient l’idée du temps et les paquets de parole chutent plus ou moins bruyamment l’érosion du pied de la lettre ne cesse pas les paquets encombrants avec lesquels je parle je les laisse dans le couloir et je ferme la porte après avoir dansé
Catégorie : circuits courts
[instantanés procédant de condensation et déplacement : tels se présentent les circuits courts]
une constante conversation

distance
compas
juste calcul
un siècle auparavant
au loin lac courant
matin
bercement
d’une langue étrangère
diverticule du voir
je caresse une pyramide de verre
je caresse ses pans symétriques
avec la pince de mon index et de mon pouce
je caresse une pyramide
de verre
avec la pince de mon pouce
de mon index et de mon majeur
je caresse une pyramide
de verre
avec la pince de mon pouce
et de mon annulaire je caresse
une pyramide
aux pans symétriques
je caresse avec mon pouce
et mon auriculaire une pyramide
de verre
de la base vers le sommet
je caresse les pans symétriques
d’une pyramide de verre
avec les doigts de ma main gauche

mariage dans le rectangle
le temps n’a jamais été ce qu’il est, non, le temps ne l’a jamais été
non ? non long ? non semi-non ?
un lion a rugi et c’était le soir, il y avait de la purée à manger
le lion n’aime pas le jambon
participer à une lutte des classes empêche les ronds-de-jambe
un imbécile crie dans la nuit, ce n’est pas grave
dans la perspective d’être engagée, une femme ronronne très fort
au même moment, un bus passe
je me couche en rond, rabats le plaid, dors, me réveille
une heure plus tard le monde continue
à force de politesse, ils sont devenus mous comme du réglisse
et leurs mains inutilisables
rien de ce qui sort des bouches n’est vrai, sauf le vomi
le mur n’est pas tout à fait droit
c’est particulièrement pénible de vous voir acquiescer à tout
pour brouiller les pistes, prôner l’hiver
la majeure partie des messages est obscène, l’autre sans réponse
composer cette musique demande du doigté
la pluie et le beau temps sont ennemis mais pactisent parfois
sur un tas concret d’interrogations
c’est tout ce que je peux pour toi, donne la papatte, allez
souvenons-nous du structuralisme
la chanson a quelque vertu probante, ne m’oublie pas
reste avec moi, nous irons à Mexico
ce qu’ils espèrent, toujours et encore, devrait être mis en page
fors l’impatience des délais
couper la parole avec une scie sauteuse revient à
saucissonner le vous pour s’y mettre
si la parole était verticale, il y aurait de nombreuses fumées
le tire-bouchon est aussi une allégorie
il y a toujours des fins, l’agacement de certains fruits le prouve
un peu de peinture suffira
matière de ce qui chatoie
ça a duré / se compte en jours / plis à suivre
rubans minéraux immédiatement transformés
immédiatement dégainés de leurs hauteurs
et frappés à terre
ça a duré / transformations observées
et même choses désagréables telles
musculatures avachies
encore transformations encore (reprise de guitare)

ça durera / les morts arrivent à maturité (meurent)
dégradations quand ça ne regarde plus
inscriptions au col des vêts déboutonnés
inscriptions sur la pierre plate
ça durera entre tirets / des années le dol
ire jamais consommée
restauration d’une tension encore palpable
matière de ce qui chatoie
fouillis de gnomes en plongée
ça partait d’un aquarium puis tout a disparu
les jours passaient, on ne savait pas s’il allait pleuvoir, s’il pleuvait,
si le gris s’installait, ou le bleu, ou le rayé gris-bleu, ou le laiteux
les gnomes plongeaient sans relâche, l’un après l’autre, en glissades saccadées
et en grimaçant (au-delà de leur être de gnomes déjà grimaçants)
ils s’accrochaient au rebord de l’aquarium et parfois partaient d’un grand rire
ce qu’ils regardaient ? le spectacle en face
puis en s’embrouillant, très véloces, ils se désarticulaient : on entendait des sons
après ce passage des jours et des couleurs incertaines
l’aquarium s’est ramolli comme les montres molles de D.
les sons se sont assourdis, les gnomes gélifiés et mangeables
