la vie petite chose dans le lieu c’est un répit dans ce lieu écrit dans ce lieu avec lettres dont certaines se doublent quand d’autres, pressées, s’enfuient, trébuchent, tombent, ce dansant de lettres vives ne se redouble pas.

Édith Msika, maison d'écriture
écrire et ne pas écrire : ce mouvement
[instantanés procédant de condensation et déplacement : tels se présentent les circuits courts]
la vie petite chose dans le lieu c’est un répit dans ce lieu écrit dans ce lieu avec lettres dont certaines se doublent quand d’autres, pressées, s’enfuient, trébuchent, tombent, ce dansant de lettres vives ne se redouble pas.

il peut y avoir des blancs indépendants de la signification
il peut y avoir des impostures dans le texte
il est possible de passer outre
un avertissement attire toujours l’oeil cependant.
*
je parle franc
je viens de la zone franche
je viens de là où le papier doré se tord et flanche
où les larmes s’éteignent dès que nées, tuées par à-coups
et fourchettes volantes
pépiements d’oiseaux méprisants
roucoulant pour mieux masquer leur dédain
il n’y a jamais d’anthropomorphisme qui tienne
répète l’indifférent, zozotant de profil
le fait de tenir debout est une fable judicieuse
à la portée du premier venu sur la planète
l’ensemble des discours suture les justes distances
& probablement, par retour, signe l’effondrement sans suites
rien, rien ne peut nourrir le comportement récent
de l’hominidé ;
une poule shoote dans son oeuf, c’est un peu la fin
personne n’écoute comme déploiement et conditions
personne n’engage l’énervement des silences
les poussières surgissent de l’enfer ci-devant
cinétique des angles, combien de limites à la chute ?
de triangles négligents ? de coupures tièdes au sang absent ?
éborgnée, la nuit se pare d’envies inachevées
quand leurs pieds, gonflés, rabotent le numerus clausus
… des dérives, il aurait fallu dire, des dérives mortes
et des écartements, il aurait fallu dire, des écartements
la source infinie des défaites.

et soudain, dans le fond
noir de l’arrière-plan
cinglent des choses abstraites
(suite serait vaine
suite fauterait
tout dans la parenthèse)
– – – – – X – – – – –

porte de chantier, parvis du centre Pompidou, avril 2021
faux-pli de la vie
encore porter une jupe crayon
pourquoi habiter quelque part ?
on cherche la consistance
l’une dit à l’autre : tu es compacte
pourquoi habiter quelque part ?
il est une heure moins le quart
faux-pli de la vie
qui serait venu sans nom ?
pourquoi habiter quelque part
plutôt que nulle part ?
faux-pli de la vie
elle se penche et découpe
encore porter une jupe crayon

Saint Joseph, père nourricier du Christ, Benjamin-Constant, fin XIXe siècle
les seuils imparfaits permettent-ils
que longtemps s’y tiennent les silhouettes ?
finir chérir : que de verbes en -ir usités
se roulant dessus les mots rugueux
encore et mal fagotés encore
avec et sans, autour et dedans
jet d’osselets cris victorieux
élusion subreptice des autres légumes
(pas de saison pas de quartier)
toute question de choisir
devant soustraire à l’esprit aiguisé
une somme harmonique, un ourlet plombé.

l’entassement —— et là-bas brillants
de ces brillances d’escargot, luisent léchés
des rochers, ceux-ci par la mer amassés
au bord
au seuil exact tenues strictement droites
à la jonction cailloux-bitume
deux silhouettes, petites devant grand mur
saluent sourient
au bord parapet dessus juché l’immobile
corps lourd attend ——
du désordre l’arrêt net, coupure de la position.
