souvent Nathalie s’échange.

 

des fois ils ont le même prénom, des fois il y a de la lumière
la lumière se déplace le long des livres où les prénoms se mélangent, se superposent

un que j’ai dû jeter, ce prénom

celui qui parle d’une femme et d’un homme avec un je : terrible
terrible d’y reconnaître toujours une femme
elle se débat dans le noir, dans la mer, elle s’enfonce

en revanche : celui qui parle, ah oui, de quoi ?
par exemple de phrases et de calepin, ou de recopier
ah recopier ! nous aimons !
celui qui parle de recopier, ça frétille énormément !
et les noms propres…

il est très facile de faire une liste et de prétendre monter des images,
très facile
ah ?
oui oui (ça répète, ça vieillit, ça se transforme, ça se ride, 
le visage est une caricature de ce qu’il a été, on cherche les traits, etc.)

on reprend là où on en était ; on constate une certaine maîtrise

le point commun, c’est la maîtrise ?
oui - et aussi la complaisance -

surtout : la compréhension est plus compliquée
comprendre n’est pas le but, c’est pas comme si :
"les sapins sont bleus" -
(c’était en altitude les sapins sont bleus
et toutes sortes de petites émotions dues à un caillou,
à un âne dans son champ, à une brise qui se lève comme sa jupe)

il fallait inscrire la pensée dans des courants
et pas trop pagayer en sens contraire
alors abonde en son sens !

ensuite il y avait beaucoup de sang pour valider les topoï :
des agressions, des coups de couteau mou de branleurs textuels
sinon ça ne fonctionnait pas -

ils se mélangent, se superposent, les prénoms,
je remarque : souvent Nathalie s’échange.

Auteur : Édith Msika

Une théorie de l'attachement, P.O.L, 2002 Introduction au sommeil de Beckett, publie.net, 2013 L'enfant fini, Cardère éditeur, 2016

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