ode à ceux qui jubilent en désordre

se retirer
avec le jazz
avec le piano
avec le syncopé
se retirer
avec la trompette
se retirer
avec le trombone
avec le saxophone
se retirer
avec la batterie
avec la certitude
se retirer
avec le rythme
se retirer
avec la voix
avec la voix
avec ce qui perce
avec ce qui pousse
avec les notes
qui montent
qui montent
avec le mode mineur
se retirer
avec les quintes diminuées
avec les septièmes
avec ce qui est connu
avec les débandades
se retirer
avec les descentes
les glissades à genoux
se retirer
avec le brio
avec le syncopé
avec ce qui brille en sourdine
avec les applaudissements
se retirer
avec le contrepoint
avec les figures hardies
se retirer
avec la certitude
avec la grosse caisse
se retirer
avec taper dessus
avec roulements
avec ce qui coince
avec ce qui cherche
avec ce qui sent
se retirer
avec le souffle
avec la sueur
se retirer
avec le chuintement
avec le frétillement
avec ce qui couine
se retirer
avec l’attention
avec l’attente
avec le retiré
avec le ahanement
se retirer
avec la persistance
avec le cri
avec le râle
avec le soupir effréné
se retirer
avec la joie
avec le répété
avec l’accident
avec l’ornement
avec le silence
se retirer
avec scander
avec n’en pas finir
avec rebondir
avec ralentir
avec obstination
avec résolution
avec tourner rond

se retirer
avec panache
avec harmonie
avec grandiose
avec charme
avec tranquillité

se retirer.

Auteur/autrice : Édith Msika

Une théorie de l'attachement, P.O.L, 2002 Introduction au sommeil de Beckett, publie.net, 2013 L'enfant fini, Cardère éditeur, 2016

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