Un jour, j’ai fini par manger des mots.
Au lieu de nourritures, mon cerveau m’orientait vers des mots comme nourritures.
Je ne pouvais plus manger puisque les mots se présentaient comme mangeables.
C’était fatigant et gênant, puisqu’ils étaient peu mâchables :
des mots récalcitrants,
obstruant, bouchant absolument tout l’espace-temps, y compris celui du repas de midi censé reconstituer la force de travail,
la fameuse et poétique pause méridienne.
