maintenant que tout est effacé

utiliser la règle induite par la chronologie
transvaser le solide dans le liquide
éprouver les mélanges pâteux
reboucher les trous dans les murs
laisser des traces en constellations

il y avait un exemple – à la place de rien, un exemple –
mais il ne sert à rien : on le visualise trop
et il devient le quelque chose
complaisamment mis à la place de rien
il devient trop visible, il est en face,
posté et sûr de son bon droit d’exemple
et soudain il prend toute la place, il efface tout

maintenant que tout est effacé il n’y a plus rien à voir
rien à voir, aucun exemple visible, rien à quoi se raccrocher

(ils se prennent si souvent pour des torchons
à être à leur place sur des murs constellés d’anciennes traces,
oscillant avec ce léger vent venu de la nécessité du jour)

Auteur : Édith Msika

Une théorie de l'attachement, P.O.L, 2002 Introduction au sommeil de Beckett, publie.net, 2013 L'enfant fini, Cardère éditeur, 2016

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