[pour Frank Ronan]
laissant le piano et ses trilles
ses ralentis ses insistances
aller
un carré d’enveloppe un peu d’encre
un timbre Septembre…
l’écrivain irlandais du fond de ma mémoire
mon voisin à la campagne
les roses trémières qu’il plantait
éclosaient comme il respirait
jour de grève
nous avions autour de trente ans
au bout du village
il écrivait comme il respirait
ses roses trémières noires
avaient éclos dans mon jardin
dessinant des lianes devant la rivière
invisible
jour de blocage
temps rabattu comme un trench
pans ceinturés
silhouette sur le chemin
près des ânes et des ronces
dans la fraîcheur toujours redite
de septembre
autre ailleurs du jour qu’il y a
trop de jour
